Communiqué : IA, salaires, inflation, conditions de travail, complémentaire santé + CR CSE

Ce mardi 26 mai 2026, la direction a présenté en CSE, la charte encadrant le déploiement de l’IA au CHU de Montpellier (compte rendu CSE en bas de page). En l’absence de visibilité sur de potentielles suppressions de postes que dément désormais formellement la direction, la CGT est restée cohérente et a logiquement voté contre. Le positionnement de la CGT a attiré les foudres de la direction sur l’un de nos élus, une communication sur le sujet vous sera prochainement adressée.

 

Pour mémoire, à l’appel de la CGT les personnels médicaux et paramédicaux s’étaient mobilisés le mardi 12 mai 2026, notamment lors d’un rassemblement devant le centre administratif A. Benech.

Les revendications locales et nationales portaient sur :

– Les conséquences du déploiement de l’IA et le risque de suppression de postes

– La perte continue du pouvoir d’achat, aggravée par la hausse des prix des carburants

– L’amélioration des conditions de travail dont les récentes modifications dans l’organisation des astreintes et la mise en place d’un management respectueux des personnels, …

 

Dans le cadre du préavis de grève, une délégation de la CGT avait été reçue par la direction du CHU.

 

Intelligence artificielle : la CGT exige des garanties sur l’emploi  
La direction affirme ne pas avoir arrêté de projection « précise » quant aux conséquences du déploiement de l’IA sur l’emploi et les conditions de travail, contestant ainsi l’hypothèse de suppression de 1 200 postes dans les secteurs administratifs, du DIM, de la logistique, etc… Si ce chiffre avait précédemment été évoqué par la direction, il n’avait pas été démenti avant ce mouvement de grève.

La CGT n’est pas opposée au recours à l’IA, à condition qu’elle soit utilisée pour améliorer les conditions de travail des personnels, les parcours et la qualité des soins.

Nous restons extrêmement vigilants car selon de nombreux médias, l’IA générative pourrait supprimer 5 millions d’emplois en France, d’ici 5 ans. 

 

Hausse des carburants, hausse des salaires, inflation      
Face à l’explosion des coûts de transport, la CGT a demandé l’extension du télétravail pour les agents dont les missions le permettent, afin de limiter des déplacements devenus de plus en plus coûteux.

La direction estime que le dispositif actuel limité à six jours de télétravail/mois, constituait le maximum envisageable. Cette réponse est insuffisante au regard de la situation économique, d’autant qu’elle ne pèserait pas sur les finances.

Nous allons interpeller notre fédération afin de revendiquer auprès des pouvoirs publics, le passage de l’indemnité de résidence de 1 % à 3 % pour l’ensemble des personnels hospitaliers. 

Nous avons également sollicité la direction du CHU pour soutenir cette demande auprès de la Fédération hospitalière de France (FHF). La récente revalorisation du SMIC démontre la faiblesse des rémunérations des fonctionnaires qui doivent impérativement être revalorisées.

 

Troisième année de gel du point d’indice : le gouvernement organise la smicardisation de la Fonction publique

 

 

Conditions de travail
La direction ne partage pas notre constat sur la dégradation des conditions de travail, mettant en avant les démarches préventives et un taux d’absentéisme et de turnover parmi les plus faibles de France.

La CGT conteste une analyse biaisée par un taux d’absentéisme artificiellement minoré par les pertes de rémunération subies en cas d’arrêt maladie : réduction du traitement à 90%, jour de carence, impact sur la prime de service, perte d’heures quand cycle de travail en 12h… De nombreux agents continuent ainsi à travailler malgré des problèmes de santé. À l’approche de l’été, de nombreux cadres signalent déjà des « plannings à trous », laissant craindre une nouvelle dégradation des conditions de travail et de la qualité des soins.

 

Encadrement
La CGT a également évoqué la situation préoccupante de la communauté d’encadrement en proie à un management « pathogène ».

Blocs opératoires
Nous avons rappelé que la suppression du précédent forfait d’astreinte suscite colère et frustration chez les agents, dont le plafonnement du paiement des heures supplémentaires (20h/mois), qui va fragiliser l’attractivité/fidélisation des blocs du CHU.

Ce plafonnement entrainera mécaniquement le paiement d’heures supplémentaires à des taux CET (compte épargne temps), bien inférieurs à celui d’heures supplémentaires effectuées la nuit ou le dimanche ?!!

 

Protection sociale complémentaire
Sur ce dossier national, la CGT passé un message, en rappelant la forte attente des personnels et en soulignant qu’il était hors de question de bénéficier d’une PSC au rabais en payant plus pour une prestation inférieure ou qui serait imposée par les pouvoirs publics.

 

LA CGT RESTE MOBILISEE

La CGT du CHU de Montpellier ne se taira pas et continuera à défendre l’emploi, le pouvoir d’achat et des conditions de travail dignes pour l’ensemble des personnels.

Elle exige de la direction des engagements clairs sur l’absence de suppressions de postes liées à l’implantation de l’intelligence artificielle et appelle les agents à rester mobilisés pour défendre l’hôpital public.

La CGT a officiellement demandé une audience au président du conseil de surveillance du CHU et maire de Montpellier sur ce sujet brûlant. 

 

COMPTE RENDU CSE DU 26/05/2026

1. Aide carburant et télétravail

Le CSE a abordé la mise en œuvre de l’aide carburant prévue par la loi. Si cette mesure constitue une reconnaissance des difficultés liées aux déplacements domicile-travail, la direction refuse en parallèle toute augmentation du nombre de jours de télétravail. Pour la CGT, cette position est incohérente.

Le télétravail permet pourtant :

– de réduire les coûts de transport pour les salariés,

– de limiter la fatigue liée aux trajets,

– d’améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

La CGT continue donc de revendiquer une réflexion plus ambitieuse sur l’organisation du travail et les conditions de vie des agents.

2. Charte IA

Présentation de la charte relative à l’utilisation de l’intelligence artificielle.

La CGT a voté contre cette charte car aucune garantie concrète n’a été apportée concernant :

– le maintien des effectifs,

– la préservation des compétences professionnelles,

– les conséquences sur les métiers et les organisations de travail.

L’introduction de l’IA ne peut se faire sans garanties fortes pour les salariés.

La CGT refuse que ces outils servent à justifier des suppressions de postes, une déqualification des métiers ou une dégradation des conditions de travail.

 Votes : CONTRE : CGT / POUR : UNSA et FO

3. Projet programmation et secrétariat

Présentation d’un projet visant à harmoniser les pratiques de programmation et de secrétariat.

La CGT entend l’objectif affiché d’amélioration de l’organisation. Cependant, nous restons particulièrement vigilants sur :

– les risques de centralisation excessive,

– la perte de proximité avec les équipes et les usagers,

– l’éloignement des décisions du terrain.

Une harmonisation ne doit pas conduire à une déshumanisation du travail ni à une dégradation du service rendu.

4. Révision des organisations de la Coordination des Prélèvements Multi Organes et Tissus (PMOT)

Le projet présenté prévoit une réorganisation avec réduction des effectifs.

La CGT s’inquiète concernant :

– la diminution des moyens humains,

– les conséquences sur la charge de travail,

– les difficultés attendues durant la période estivale.

Dans un secteur aussi sensible, la réduction des effectifs fait peser un risque important sur les conditions de travail et la continuité de l’activité.

Votes : ABSTENTION : CGT et FO / POUR : UNSA

5. Soins intensifs polyvalents

Le projet prévoit une augmentation des effectifs afin de répondre au cadre réglementaire.

La CGT accueille positivement ce renforcement des équipes, nécessaire pour garantir la sécurité des soins et de meilleures conditions de travail.

Cependant, une vigilance particulière devra être portée sur :

– les cycles de travail de nuit,

– les risques de fatigue accrue,

– les impacts sur la santé des agents.

La CGT suivra attentivement les effets de cette organisation afin de prévenir toute dégradation des conditions de travail.

POUR à l’unanimité

6. Ouverture du 3e TEP scanner en médecine nucléaire

Le projet d’ouverture d’un troisième TEP scanner a été présenté.

La CGT a voté POUR ce projet, considérant qu’il permettra :

– une amélioration de l’offre de soins,

– une meilleure prise en charge des patients,

– une réponse plus adaptée aux besoins croissants en médecine nucléaire.

Votes : POUR : CGT et UNSA / Abstention : FO

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