Par notre mobilisation depuis le mois de septembre nous avons obtenu l’abandon du vol de 2 jours fériés et le « décalage » de la réforme des retraites, première brèche en vue de son abrogation. Le Premier ministre a aussi été contraint de s’engager à ne pas utiliser le 49-3.Cependant, les premières semaines de débat parlementaire démontrent que sans la mobilisation du monde du travail ce budget aura des conséquences catastrophiques pour les travailleurs et les travailleuses, pour nos services publics et pour l’avenir de notre pays.
Rien n’est encore joué, car le débat budgétaire durera jusqu’à mi-décembre. C’est le moment d’amplifier nos mobilisations pour mettre la pression et obtenir la justice sociale, fiscale et environnementale dans ce budget. Nous voulons enterrer définitivement toutes ces régressions, gagner l’abrogation de la réforme des retraites, et obtenir les moyens nécessaires pour nos services publics !
Des régressions nombreuses et graves que nous avions dénoncées dans le budget Bayrou demeurent et notamment :
- La suppression de 3000 postes dans la Fonction publique : Éducation nationale, France Travail, Finances publiques, organismes de Sécurité sociale et… les établissements publics de santé.
- Au CHU de Montpellier, une cure d’austérité budgétaire est d’ores et déjà annoncée pour 2026, sans parler du déploiement de l’IA qui va entrainer la suppression de plusieurs centaines de postes sur 5 ans !
- Le gel du salaire des agent.es de la Fonction publique : moins 23% en 20 ans en euros constants !
- Au CHU de Montpellier, tous les moyens sont bons : suppression de 3 RTT dans les secteurs en 12h sans chevauchement, suppression de l’acquis de 2010 pour le forfait d’astreinte, réorganisation des astreintes pour limiter les récupérations, prise de CA et de RTT avant le 31 décembre, y compris pour les agents de retour de maladie, même si cela doit déstabiliser les équipes et compromettre la sécurité des soins, etc…
- La baisse des moyens des services publics notamment des universités, des collectivités territoriales, de la culture, de la santé, de l’action sociale, ainsi que la baisse des dotations aux associations…
- Toujours au CHU de Montpellier, déploiement de l’ultrapolyvalence dans les secteurs de soins et les blocs opératoire : l’auto remplacement pourrait devenir la norme !
- La taxation des malades avec le doublement des franchises médicales : 350€ par personne, augmentation des frais de complémentaire et explosion des dépassements d’honoraires.
- La limitation à 15 jours des arrêts maladie et à 4 mois des arrêts en accidents du travail /maladies professionnelles (ATMP).
- Les collègues du CHU en 12h sont déjà discriminés avec le décompte horaire de la maladie : 7h12 seulement validées pour une journée de travail de 12h soit presque 5h de perdues, sans la carence, la perte sur la prime, etc… La CGT a lancé un recours au Tribunal Administratif sur ce point et interpellé le Défenseur Des Droits national sur cette discrimination flagrante.
- L’année blanche et le gel des pensions de retraites jusqu’en 2030, ainsi que de toutes les prestations sociales (APL, allocations familiales, bourses étudiantes, AAH, RSA…). Sous la pression, le premier ministre s’est engagé à y renoncer mais nous n’avons aucune garantie solide à ce stade.
- La baisse du budget des hôpitaux et des Ehpad alors qu’ils sont déjà contraints de fermer de nombreux lits.
- La nouvelle réduction des moyens alloués au budget de la sécurité sociale va fortement aggraver les conditions de travail des hospitaliers du CHU ainsi que la mission de continuité de service public de santé.
Aucune réelle mesure de justice fiscale n’a été adoptée.
L’Assemblée nationale a rejeté la taxation du patrimoine des milliardaires (taxe Zucman) et les mesures visant à remettre en cause une partie des 211 milliards d’aides publiques dont bénéficient les entreprises chaque année sans condition ni contrepartie !
Dans le même temps, alors que les bénéfices des entreprises du CAC 40 atteignent des records, le patronat veut imposer le gel des pensions et des salaires et multiplie les licenciements. Il a bloqué l’augmentation des retraites complémentaires des salarié·es du privé (Agirc-Arrco) et s’oppose à toutes les augmentations de salaires dans les entreprises.
Le syndicat CGT appelle donc l’ensemble des travailleuses et travailleurs du CHU de Montpellier à se mobiliser par la grève et la manifestation le 2 décembre prochain partout en France. Le 2 décembre et après, c’est le moment où tout va se jouer.
La porte est ouverte à toutes celles et ceux qui souhaiteront se joindre à cet appel pour gagner enfin la justice sociale, fiscale et environnementale !